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Worms Open Warfare 2

Ecrit par Potemkin le 13 septembre à 14h53

Nous avons finalement réussi à identifier l’ennemi: rose, relativement mignon, avec de grands yeux innocents. Mais ne soyez pas naïfs. En vérité, il est méchant, violent, revanchard, lâche, et extrêmement vicieux. Nul ne sait comment ces… Choses ont pris le contrôle du monde, mais depuis, c’est la guerre totale. Maintenant, nous pouvons l’affirmer. Les worms sont de retour sur Nintendo DS, versés comme jamais dans le délicat art de la guerre. Préparez-vous à diriger ces petits soldats d’élites qui n’hésiteront pas à sacrifier leur vie pour parvenir à la victoire. Car après tout, à la guerre, tous les coups sont permis. Ne reculez devant aucun sacrifice pour asseoir votre domination sur l’adversaire. Prêt pour un rapport détaillé sur champ de bataille ?



Le ver de trop ?

La dernière incursion des Worms en territoire Nintendo a été un échec complet. Tant du point de vue stratégique que logistique, ce fut la débâcle et une cuisante défaite pour l’armée de choc de la Team 17 qui nous avait habitué à de plus brillantes opérations militaires. Pourtant, ils avaient assurément à leur disposition tous les éléments pour livrer une mémorable bataille. Les conséquences, tant physiques que psychologiques, furent énormes. On ne compte plus le nombre de dépressions ou d’autodafés de DS qui ont suivi. Pour faire simple, l’état-major a largement sous-estimé cet ennemi que sont les joueurs. Bien qu’ayant à leur disposition les moyens nécessaires pour les submerger, ils ont préféré se contenter du strict minimum, tandis que les pièces d’artillerie lourde étaient mobilisées sur un autre front.
Il y a de cela un peu plus d’un an maintenant, les worms débarquaient sur les nouvelles consoles portables. Et si la version PSP tenait toutes ses promesses, nous n’avions eu le droit, sur DS, qu’à une adaptation très décevante. Le jeu était laid, le maniement, incertain et rageant, les environnements, vides et déprimants, les armements qui sont pourtant une des richesse de tout Worms qui se respecte, étaient plus que limités, et l’on ne parlera pas le l’IA qui était incapable de la moindre initiative. La jouabilité était effroyable (rhaaaa ! la corde ninja !!), et l’on se retrouvait aux commandes de vers épileptiques, ramollis du bulbe encéphalique. Ils avaient même réussi à foirer les voix digitalisées des sympathiques vers de terre, les rendant tout simplement insupportables, et la lisibilité sur les deux écrans était absolument ridicule. Le jeu avait perdu tout ce qui faisait son charme et était dénué de fun. Passons sur les autres très nombreux défauts dont souffrait le jeu, il y en a trop pour tous les énumérer ici. Alors forcément, lorsqu’on nous propose une suite, on est un tant soit peu sceptique quant au résultat.

Le ver solitaire :

C’est donc sans vraiment trop y croire que je me décide à essayer cet épisode. J’avoue être quelque peu curieux de ce que peut nous réserver l’éditeur de terrain. Allumons notre DS pour plus de précisions.
Suite à la petite introduction tout à fait « wormesque », nous accédons au menu. Pour commencer, il est bien plus fourni que celui du précédent opus avec, notamment, une boutique, un menu pour jouer en ligne, et la possibilité de personnaliser absolument tous les paramètres pour des parties endiablées (et bien qu'encore dubitatif pour ce qui est d'"endiablées"). Dans le menu solo, le choix est là aussi conséquent. Campagne, puzzle, entraînement... Peut-être les développeurs ont effectivement réussi à corriger le tir. Pour s’en rendre compte, rien de mieux que de faire une partie rapide, sans rien à paramétrer. Car c’est sur le terrain que l’on pourra juger de la force de cet épisode.
Et là, la surprise est de taille. Le jeu est fluide, les vers sont tordants, la maniabilité est impeccable, l’armement, conséquent, les voix, hilarantes. C’est un véritable bonheur. On évolue en terrain connu, avec, en prime, un double saut plus facile à utiliser que jamais et une intelligence artificielle vraiment bien dosée. S’il lui arrive de réussir avec brio de coups parfaitement improbables (oui, c’est assez rageant, je vous l’accorde), elle fera fréquemment des erreurs qui pourront vous sauver la mise. Oubliez donc le calamiteux Worms Open Warfare. Faîtes comme s’il n’avait jamais existé. Profitez de vraies parties de Worms, comme on les aime. Amusez-vous donc à dynamiter vos coreligionnaires, à gaiement exploser vos opposants au bazooka, à faire sauter les décors à grand renfort de saintes grenades et de raids aériens, à travers des univers aussi variés que le froid arctique, les campagnes françaises, les tropiques ou encore l’espace. Attention, car les environnements, tous très agréables, possèdent quelques spécificités. La gravité est plus faible dans l’espace, vous glisserez sur les parois de glaces, subirez des bombardement dans les campagnes, etc. Et les différents modes vous réservent, eux aussi, leur lot de joyeusetés.
Le mode campagne est relativement long, et découpé en chapitres, séparés par de jolies animations débiles à souhait. Vous revivrez quelques grandes guerres remise au goût du jour par nos amis lombrics. Au bout de 5 missions aux objectifs suffisamment variés pour ne pas sombrer dans la monotonie, vous devrez affronter et défaire le commandant des troupes ennemies, un tantinet plus retord que le reste de ses unités. L’occasion pour parfaire votre talent de stratège et d’apprendre à vous sortir des situations les plus périlleuses.
Le mode puzzle vous propose de remplir un objectif bien précis dans des conditions spécifiques, sans limite de tour ou de temps. Vous devrez composer avec un armement restreint, un type de terrain particulier, une vie très limitée, la possibilité de se déplacer ou non... Une chose est sûre, vous devrez faire marcher vos méninges pour terminer chaque défis. Car si les premiers sont simples, les derniers risquent de vous demander calme et réflexion.
Le laboratoire quant à lui vous fera profiter de tous les avantages de la DS en vous offrant de jouer à des mini-jeux assez amusants. Vous aurez donc l’épreuve du souffle, du toucher, et du dessin. Pour la première, vous devrez diriger un parachutiste à travers un dédalle mortel en soufflant dans le micro. Pour la deuxième, vous devrez générer des ondes de chocs en appuyant sur l’écran tactile pendant un temps plus ou moins long et ainsi orienter votre ver vers la sortie sans qu’il se noie. Pour la troisième et dernière, sur le modèle des dominos, vous devrez dessiner un chemin vers la sortie et prévoir les diverses réactions susceptibles de bloquer ou d’aider votre ver. La difficulté y est malheureusement souvent mal ajustée, mais cela reste anecdotique.
Enfin, n’oublions l’entraînement, qui vous permettra de tester les nouvelles armes, d’optimiser vos déplacements et de vous exercer au tir dans des conditions diverses.

Le ver en société


Worms ne serait pas worms s’il ne proposait pas de s’éclater (au sens littéral du terme) dans la joie et la bonne humeur en multijoueur. Quid de cet épisode ?
Vous pourrez jouer en multi de plusieurs manière. La plus traditionnelle étant de commencer une partie avec une seule DS, et de faire passer la console après son tour. On pourra jouer de cette manière jusqu’à quatre joueurs. Ensuite, il y a la possibilité de jouer à deux avec une seule cartouche, mais les options seront limités, ce mode ne présentera donc pas grand intérêt. Il est évidemment possible de jouer jusqu’à quatre si tout le monde possède sa cartouche de jeu, et, grande nouveauté qui n’est pas pour nous déplaire, vous pourrez dorénavant accéder à la Nintendo Wi-fi Connection pour poursuivre votre adversaire à l’autre bout du globe. Il existe même un classement mondial et un classement personnel pour pouvoir vous situer et jouer des parties adaptées à votre niveau. Il est inutile de vous dire qu’à quatre joueurs, chacun avec sa DS, le jeu est ce qu’il se fait de mieux en matière de fun. Du niveau d’un Bomberman, la stratégie en plus.
Pour ce qui est des modes de jeu en multi, là encore, l’équipe a fait un petit effort qui n’est pas pour nous déplaire. Car si vous passerez certainement le plus de temps sur des parties traditionnelles, à atomiser votre adversaire par tous les moyens possibles et imaginables, vous pourrez varier les plaisirs en pratiquant de temps à autres, les deux nouveaux modes de jeux. Le premier est une course à la corde ninja, qui vous demandera précision et rapidité. La maniabilité étant exemplaire, le tout se jouera vraiment à la seconde près, voire au dixième de seconde. Le second, le mode forteresse, vous propose d’affronter l’équipe adverse, avec tous vos vers regroupés dans un bastion que vous choisirez préalablement, pour une véritable guerre de nerfs et de précision. Les forteresses sont séparés par une mer déchaînée et mortelle, et vous n’aurez aucun moyen de la traverser. Seul le plus acharné, le plus téméraire, le plus expérimenté, mais surtout, le plus vicieux, sortira victorieux de cet affrontement. Alors soldat… Il n’est pas appétissant ce programme ?

Les petits cadeaux du ver noël

Je ne sais pas vous, mais j’ai toujours adoré pouvoir créer mes propres terrains avec des éditeurs bien fichus. Et bien avec cet épisode, vous serez aux anges. L’éditeur de niveaux est vraiment génial, et le stylet vous permettra de laisser libre cours à votre imagination pour créer les terrains les plus saugrenus. Vous n’aurez rien de moins que la possibilité de tout régir selon vos envies, jusqu’au moindre détail. Outre la forme générale, vous pourrez modifier la hauteur de l’eau, les franges sur le terrain, la position des vers au début de la manche, le objets qui parsèment le parcours… Un vrai régale pour tous les puristes.
Votre équipe ne sera pas en reste, puisque, outre votre emblème que vous pourrez redessiner à loisir, vous pourrez choisir la langue de votre équipe, la couleur de la peau de vos vers (et non, tous les worms ne sont pas roses), leur sépulture, leur danse de victoire, et bien évidemment, le nom de tous vos vers, pour vous la rendre plus attachante/débile/exaspérante possible.
Nous en parlions, la boutique recèle de trésors à débloquer. Nouvelles armes, voix, missions bonus, j’en passe et des meilleurs, tout débloquer vous demandera de la persévérance dans tous les modes de jeux et augmente encore la durée de vie en solitaire.
Enfin, il y a quelques idées bien senties qui rajoutent encore au plaisir de jeu, comme la mini-carte que l’on peut faire apparaître à tout moment en pressant simplement le bouton select, pour avoir une vue générale et la position de tous les lombrics, les petits bruits lorsqu’on referme ou rouvre le capot de la DS, les médailles que l’on gagne au fur et à mesure que l’on avance dans le jeu… Bref, ce Worms fourmille de détaillent sympathiques qui le rendent encore plus agréable et fun.

Ver-dict

Worms Open Warfare 2 risque de vite devenir un incontournable de la DS. Pour commencer, parce qu’il s’agit d’un Worms tout ce qu’il y a de plus conforme à nos attentes. Ensuite, parce qu’il s’agit vraiment d’un excellent jeu, qui tire parfaitement avantage des attributs de la petite portable de Nintendo.
Finalement très sobre dans sa réalisation, cet épisode arrive à faire oublier la catastrophe du premier épisode sans se prendre au sérieux. Le solo est prenant, le multijoueur, qui a fait ses preuves, se révèle encore une fois parfaitement jouissif, et les bonus rajoutent encore à la convivialité du soft. S’il y avait quelques rare défauts que l’on pourrait reprocher à ce Worms, se serait un arsenal moins varié que dans les derniers épisodes PC, même si certaines armes faisaient double emploi (et puis, à partir du moment où il y a le super mouton et la sainte grenade, a-t-on besoin d’autre chose ?), une IA parfois énervante tant elle fait des exploits avec simplement un bazooka et une utilisation parfaite du vent, quelques problèmes avec la caméra, des épreuves de laboratoire par toujours très heureuses… bref, rien qui nuise vraiment au bonheur de retrouver nos cher vers, toujours prêts à en mettre plein la vue et à s’entredéchirer sans aucune explication. Une véritable bombe !

Note finale : 5,25/6
Les plus :

  • Le multijoueur
  • Tous les petits bonus
  • Jouable en ligne
  • L’éditeur de niveau
  • On peut tout paramétrer
  • Un vrai Worms sur la meilleure console du moment

Les moins :

  • La durée de vie… Peut-être, à terme, si on est exigeant…
  • Certains défis du labo
  • L’IA, trop experte (mais quelle idée de jouer contre une IA en difficile aussi)

En savoir plus
• Worms Open Warfare 2


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