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Contact

Ecrit par Potemkin le 19 mars à 14h58

Contact ? Kestsekecest ? Réponse : un jeu ! Impressionnant n’est-ce pas ? On pourrait même dire qu’il s’agit d’un jeu d’aventure, autant que l’on puisse en juger. Mais Contact, ce n’est pas qu’un jeu. C’est un ovni vidéoludique tout droit sorti de la tête des petits gars de GrassHopper Studio à qui l’on devait déjà le très peu commun Killer Se7en sur GameCube. Critiqué par certains, apprécié par d’autres, penchons-nous de manière plus approfondie sur les qualités et les défauts de ce soft. Car, au-delà de la valeur sentimentale que l’on pourrait lui octroyer, il manque à Contact quelques éléments qui pourraient faire de lui un vraiment bon jeu.



Prise de Contact :

Tout commence par une scène étrange. Un petit bonhomme mal dessiné pianote sur son ordinateur, avec, à ses côtés, un chat (?).http://www.dstouch.com/images/M0000002987.jpg Dès cet instant, une irrépressible envie de le toucher vous saisit. Ô miracle, il réagit ! Il se retourne vers vous, encore étourdi par cette introduction un peu… brusque, puis vous demande de recommencer pour être sûr que vous n’êtes pas le fruit de son imagination. Qu’à cela ne tienne ! Abasourdi par cette découverte (et votre coup de stylet incisif), le Professeur – il semble que ce soit sous cette appellation que tout le monde le connaît –, vous demande de décliner votre identité. Tout émoustillé, il vous explique que ce que vous tenez entre les mains, cette « DS », est une porte entre deux mondes : le vôtre et le sien. Le laboratoire dans lequel il se trouve est en fait un vaisseau spatial, et il est actuellement aux prises avec un ennemi. Bref, vous avez choisi le pire moment pour allumer votre DS et on vous le fait sentir. Durant la bataille qui s’ensuit, un concours de circonstances vous conduit à embarquer le jeune Terry dans votre aventure. Le Professeur le chargera alors de l’aider à réunir des cristaux disséminés à travers ce monde insulaire sur lequel vous débarquez. Notons que vous n’incarnerez pas Terry. Vous n’incarnez personne d’ailleurs. Vous restez vous, le joueur, mais surtout cette présence supérieure (dont le héros ignore l’existence puisque cela doit rester un secret entre vous et le Professeur) qui le guidera pour éviter qu’il lui arrive malheur durant sa quête. Finalement, ce Contact s’établit entre trois êtres : Le professeur, Terry et vous, contact inégal s’il en est, où l’on sent tout de suite que le héros est lésé. Cette introduction originale vous permet de prendre un certain recul par rapport aux évènements, et aurait pu (dû) servir à quelques ressorts scénaristiques intéressants. Une fois le vaisseau du Prof reconverti en fier galion, vous pourrez accéder petit à petit aux îles qui jalonnent ce monde.

Je mets le Contact :

Contact possède d’indéniables atouts. Son système de jeu pour commencer qui se trouve relativement innovant si l’on considère la plateforme qu’il utilise (je parle de votre DS là). Certains sont allés jusqu’à le comparer à un Elder Scroll (Morrowind ou Oblivion pour ne citer qu’eux) dans l’évolution duhttp://www.dstouch.com/images/M0000002984.jpg personnage ! Pour résumer, les actions que vous effectuez vous font toutes progresser dans un domaine particulier. Ainsi, marcher vous permet d’augmenter votre vitesse. Si vous combattez à l’épée, vous deviendrez un escrimeur émérite et débloquerez des attaques spéciales propres aux armes tranchantes. Vous pouvez également vous passionner pour la cuisine afin de devenir un vrai petit marmiton. Pour cela il vous faudra réunir de nombreux ingrédients que vous prélèverez sur des ennemis ou que vous achèterez, mais surtout une certaine pratique (et de nombreux échecs) pour prétendre réussir des plats plus sophistiqués. Il vous faudra être assidu pour avoir un personnage équilibré, et même vous prendre des dommages pour augmenter votre endurance et éviter ainsi de succomber en deux coups face aux boss. Ensuite, le jeu en lui-même est relativement linéaire et vous continuerez votre quête en passant d’île en île. Il est cependant toujours amusant de constater que l’on peut finir le jeu sans avoir débloqué le moindre costume. Ces derniers vous octroient certaines compétences http://www.dstouch.com/img/go/M0000002986– il existe quatre costumes pour maîtriser les éléments et trois costumes de « jobs »–, mais aucun n’est obligatoire dans l’histoire. Il existe donc de très nombreuses sous-quêtes qui vous obligeront non seulement à revenir sur vos pas, mais également à découvrir de nouveaux lieux, qui, une fois encore, n’apportent rien à l’intrigue principale. Tout ça, c’est du bonus ! Enfin, Contact possède une esthétique qui lui est propre et qui lui confère un certain cachet, même si les personnages sont vraiment laids à l’écran (ils ressemblent à des statues de Mademoiselle Saint Phalle). On apprécie toujours le côté décalé du soft qui vous permet de jouer avec le chat lorsque Terry se repose, de diriger un cuistot psychopathe (je vous assure que le héros avec son couteau de cuisine est inquiétant), et cette interface qui fait que même dans la pire des situations, vous pourrez apprécier sur votre écran supérieur les facéties du professeur et de son chat.

Nous vous reContacterons :

Il serait illusoire, pour ne pas dire parfaitement utopique, de voir en Contact un jeu d’aventure parfait. Il possède plusieurs défauts qui peuvent en rebuter plus d’un. Les combats, par exemple, sont singulièrement lents – tout au moins au début –, et il vous faudra redoubler de patience pour ne pas craquer lorsque votre perso mettra plus de dix secondes avant de sortir une deuxième attaque. Ensuite, l’intrigue n’est vraiment, mais alors vraiment, pas originale. On pourrait même la qualifier de banale. Les méchants ont autant de charisme qu’une chaussette (certains vous diront que c’est voulu), et on nage parfois en http://www.dstouch.com/images/M0000002988.jpgpleine confusion. Certains éléments pourront vous paraître importants et n’avoir, en définitive, aucun rapport avec l’histoire. Vous pouvez donc finir le jeu de manière linéaire, mais la durée de vie vous semblera alors bien faible. Pour ceux qui s’interrogeaient sur l’utilisation de certains avantages de la DS, il est possible de ne jouer qu’au stylet, mais la réactivité du jeu et son dynamisme en pâtit quelque peu. Pour chaque action effectuée, un écran s’ouvrira au-dessus de la cible pour savoir si vous voulez parlementer (j’ai essayé avec les monstres, ils ne sont pas vraiment réceptifs, pour ne pas dire totalement imperméables), utiliser un objet ou encore frapper (et là encore, le stylet dérape lorsque l’on veut engager une agréable conversation avec un quidam, et le tout finit en guerre civile…). Cependant, même si la jouabilité aux boutons est préférable, certaines actions relativement originales ne seront accessibles que via l’écran tactile. De plus, on navigue plus facilement dans les menus avec un stylet. Gardez-le donc à portée de main.
Ensuite, on peut déplorer, dans ce genre de jeu, l’absence de villes à http://www.dstouch.com/images/M0000000900.jpgvisiter, le faible nombre de personnes avec lesquelles interagir (on se sent souvent un peu seul), les nombreux petits bugs et parfois, la totale incompréhension de l’objectif d’une quête. Pour conclure l’orchestration du jeu est parfaitement inégale. On oscille du gentillet au sympathique, en passant par le crispant à rendre hystérique un moine tibétain.
Pourtant Contact est suffisamment addictif et immersif, pour que le joueur passe outre ces points négatifs. Il les remarquera certainement, et les considérera comme des oublis fâcheux, mais pas fondamentaux. Cette étrange magnanimité s’explique peut-être du fait du statut particulier –et plutôt flatteur– que nous occupons au cours de l’aventure.

Contact et diffusion :

Ne l’oublions pas, Contact est muni d’une option WiFi. Cette dernière vous offre un accès à une île inédite dans l’aventure solo, et jouable en multi. Seul problème : Contact n’a vraiment pas bénéficié d’une diffusion importante en France, et il est difficile de se connecter avec les rares possesseurs du jeu. Cette option vous permettra de débloquer certaines compétences exclusives et d’obtenir des objets uniques pour les ramener dans votre quête solo. Si l’option n’a rien d’exceptionnelle, elle est toujours sympathique. D’autant que ces objets vous simplifient grandement la quête principale à la difficulté parfois élevée.

En conclusion :

Contact est un jeu sympathique, ni plus ni moins. Il ne s’agit pas d’un « must-have », mais il possède un système de jeu séduisant, une esthétique particulièrement attachante (pour peu qu’on sache l’apprécier), un système d’évolution du personnage innovant et de nombreuses sous-quêtes qui en font un achat optionnel intéressant. Je dois avouer avoir eu un faible pour ce jeu, même si je suis conscient qu’il possède de nombreux défauts. Sorti dans une période qui ne lui était pas particulièrement propice, ce jeu a du mal à trouver son public alors que débarque la première salve de RPG en Europe. C’est un jeu à conseiller, avant tout, aux consommateurs de jeux marginaux et complètement barrés ou aux férus de jeux d’aventure que la difficulté ne rebute pas. Contact est le genre de jeu où il vous faudra chercher la petite bête et revenir de nombreuses fois sur vos pas pour être sûr de ne rien avoir oublié. Choix difficile si vous n’avez jamais fait de jeu d’aventure, ne vous aventurez dans Contact que si vous êtes sûrs de vous retrouver en terrain connu.

Note finale : 4/6

Points forts :

  • L’aspect décalé du soft
  • Le système d’évolution du personnage qui vous offre une grande liberté
  • Les nombreuses sous-quêtes
  • Un certain sentiment de liberté finalement

Points faibles :

  • L’intrigue principale, souvent bancale
  • Les graphismes qui en rebuteront plus d’un
  • Les musiques (par moments)
  • Les combats (au début)

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