Chessmaster, célèbrissime logiciel de jeu d’échec arrive sur notre petite DS adorée. L’essai du portage est-il transformé ?
À vrai dire, si la partie jeu d’échec en elle-même est irréprochable, le côté "entraînez vous aux échecs" laisse à désirer.
Mais je vais y revenir...
Une bonne idée
Lorsqu’on lance le jeu, on est accueilli par la vidéo d’un homme tout mal coiffé avec un regard de psychopathe qui se présente comme étant Josh Waitzkin, un champion d’échec et qui se propose de nous apprendre à jouer.
L’idée d’apprendre les différentes tactiques des champions est excellente. Et j’étais tout émoustillé à l’idée de pouvoir enfin battre le programme d’échecs logé dans 42 jeux indémodables qui m’humilie régulièrement, même en mode facile.
Et puis, un jeu sur une DS, c’est quand même vachement moins barbant qu’un livre qui reprend les différents coups possibles…
Et en effet, le jeu nous propose de découvrir les arcanes des échecs via quatre "leçons" disponibles.
La première nous décrit l’échiquier, la deuxième les pièces, la troisième les règles des échecs et enfin la dernière nous révèle quatre "tactiques avancées". À savoir "la fourchette" (placer une pièce de manière à ce qu’elle menace plusieurs pièces adverses), "le clouage" (placer une pièce de manière à interdire tout mouvement à une pièce adverse), "l’enfilade" (obliger l’adversaire à déplacer une pièce de valeur, ce qui rend vulnérable une autre pièce) et enfin les "attaques à la découverte" (menacer plusieurs pièces de l’adversaire en même temps pour l’obliger à en sacrifier une).
Le joueur se verra également proposer six mini-jeux, permettant de se familiariser avec les déplacements des pièces ou avec les "tactiques avancées". Par exemple, un plateau d’échec est recouvert par des fruits qu’il va falloir supprimer en réalisant des "fourchettes", et ce avec un nombre limité de déplacements.
Enfin, le mode d’entraînement le plus intéressant, à savoir les "énigmes d’échecs", proposent au joueur sept types de configurations de jeu dans lesquelles il devra découvrir comment éviter le mat, mettre une pièce à l’abri, etc.
Le gros morceau, celui qui occupera le joueur le plus longtemps reste sans conteste les parties d’échecs en elles-mêmes. 24 "joueurs" à affronter, avec un intellect qui va de l’enfant de 8 ans qui vient de découvrir les règles au champion imbattable. Chaque victoire rapportant des "points elo", chaque défaite en faisant perdre.
La maniabilité est sans faille : tout se fait au stylet. On touche la pièce que l’on veut déplacer, puis la case sur laquelle on veut qu’elle aille et elle y va toute seule, comme une grande.

L'espace de jeu est sur l'écran tactile. L'écran du haut permet d'afficher les derniers coups joués ou des affreuses simili-vidéos lorsque le jeu nous donne un conseil.
Pour couronner le tout, un mode multi joueur original propose de jouer aux échecs avec les règles classiques ou avec des règles modifiées. Par exemple, un mode de jeu permet de s’octroyer deux coups par tour. On regrette juste que ce ne soit pas possible de jouer en wifi, mais seulement en local.
…Mais une finition qui déçoit.
Vous l’aurez compris en lisant la première partie de cet article, Chessmaster n’est pas un mauvais jeu. Tout amateur d’échecs devrait passer un bon moment. La preuve en est que je ne joue plus qu’à ce jeu depuis quelques jours. J’ai même délaissé la chasse aux pièces de bateau du dernier Zelda pour me consacrer à la chasse aux points elo.
Cependant, ce jeu est bourré d’idées inexploitées.
Par exemple, pourquoi ne pas utiliser un avatar pour représenter Josh Waitzkin, comme pour le docteur Kawashima dans Brain Training ? Pourquoi infliger au joueur ces espèces de vidéos dans lesquels Josh Waitzkin nous foudroie du regard à chaque fois que le jeu nous adresse un conseil ou nous explique un coup?
Et surtout, pourquoi est ce qu’un jeu qui se propose de nous expliquer les échecs reste aussi superficiel ?
En effet, les quatre "leçons" décrites plus haut sont la seule chose qui justifie le titre "entraînez vous aux échecs".
Par exemple, le jeu, dans les descriptions qu’il fait de nos opposants virtuels, fait référence à des "ouvertures" ou encore à des "échanges de pièces" sans nous expliquer ce que c’est. Dommage.
De même, il est fait référence à des parties célèbres, mais nulle part il nous est proposé de les rejouer, ou de les voir rejouer, d'analyser les tactiques mises en œuvre, etc. Là encore, c'est dommage.
De même pour les "points elo" qui nous sont alloués… Pas moyen de savoir à quoi ils correspondent.
Il y a aussi le problème des mini-jeux proposés, qui se révèlent rapidement ennuyeux. Ils sont trop faciles ou alors carrément infaisables.
Les énigmes d’échecs quant à elles manquent de logique. Ainsi, le mode “chercher l’échec“ demande de trouver le mouvement qui va permettre de mettre en échec le roi adverse. La plupart du temps, le seul mouvement valide consiste à aller sacrifier sa pièce pour mettre le roi en échec.
Enfin, le mode multijoueur, s’il est intéressant, aurait pu être bien mieux si l’on pouvait jouer aux différents modes de jeu en solo, contre l’ordinateur, histoire de s’entraîner, et surtout si l’on pouvait jouer à deux avec une seule DS. Je ne vois vraiment pas ce qui justifie l’usage de deux DS pour jouer à un jeu d’échecs…
Pour finir, mention toute spéciale à la musique, qui se révèle être une boucle sonore de 15 secondes maximum qui a failli avoir raison de mes nerfs. Heureusement, il est possible de la désactiver dans les options.
En conclusion, Chessmaster : Entraînez-vous aux échecs est un jeu sympathique si on aime déjà les échecs, un néophyte sera plutôt déçu, puisque ce n'est pas avec ce que nous apprend le jeu que l'on parviens à vaincre l'IA, ce qui est plutôt dommage.
Et pour finir, petit résumé de nos impressions sur ce jeu:
Points forts:
Maniabilité parfaite.
Une intelligence artificielle bien fichue
Des modes multijoueurs originaux
Points faibles:
La musique.
Pas de multi possible avec une seule DS ou en wifi.
Pas d'explications de termes techniques, ni d'entrainement à des tactiques avancées comme les ouvertures.
Les vidéos, simplement effrayantes.
Note:
4/6, mais je le conseil tout de même à tout amateur de jeu d'échec ayant été déçu par les échecs disponibles avec 42 jeux indemodables.